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Le 10-OH-HHC (10-hydroxy-hexahydrocannabinol) est un dérivé hydroxylé du HHC, lui-même obtenu en hydrogénant le THC. Il est apparu en boutique après le classement du HHC comme stupéfiant le 13 juin 2023, avec le même argument que ses prédécesseurs : « pas sur la liste, donc légal ». Au 27 octobre 2026, il n’est pas inscrit nommément sur la liste des stupéfiants de l’ANSM, mais il n’est pas « légal » pour autant : depuis le 3 juin 2024, la liste classe toute une famille de molécules par leur structure, et un classement nominatif peut tomber du jour au lendemain. Aucune étude ne décrit ses effets ni sa détection au test salivaire. Golden CBD ne le vend pas.
En bref
Le 10-OH-HHC est un cannabinoïde de semi-synthèse dérivé du HHC, interdit en France depuis juin 2023. Au 27 octobre 2026, la liste consolidée des stupéfiants de l’ANSM (26 juin 2026) ne le nomme pas, mais elle classe par famille, depuis le 3 juin 2024, les dérivés du noyau benzo[c]chromène, clause validée par le Conseil d’État le 6 juin 2025. « Non inscrit nommément » ne veut donc pas dire autorisé, et aucune donnée publiée ne décrit ses effets ni sa détection au test salivaire.
Sommaire
Le 10-OH-HHC, c’est quoi exactement ?
Du HHC au 10-OH-HHC : la course aux molécules depuis 2022
10-OH-HHC interdit ? Le statut en France au 27 octobre 2026
10-OH-HHC et test salivaire : est-il dépisté ?
10-OH-HHC : effets et danger, ce qu’on sait (et surtout ce qu’on ne sait pas)
On t’en propose : comment reconnaître un produit au 10-OH-HHC et quoi faire
Ce que disent les vendeurs, ce que disent les textes
Il faut remonter deux crans. Le THC est le cannabinoïde psychoactif du cannabis. Le HHC (hexahydrocannabinol) est sa version hydrogénée : on sature la double liaison du THC, ce qui donne une molécule plus stable, de structure quasi identique. Le 10-OH-HHC est un HHC qui porte un groupe hydroxyle (-OH) supplémentaire sur le carbone 10 de son squelette, d’où son nom.
Les vendeurs le présentent comme un « métabolite naturel » du HHC, une molécule que l’organisme produirait lui-même après consommation. L’argument rassure, mais il ne dit rien du produit vendu : dans les fleurs pulvérisées, les résines ou les cartouches de vape, la molécule est fabriquée en laboratoire par semi-synthèse, le plus souvent à partir de CBD extrait de chanvre industriel, converti en HHC puis hydroxylé. Aucune plante n’en produit.
Les quatre molécules dont il est question dans cet article, en une carte chacune.
CBD
Cannabidiol, molécule naturelle du chanvre. Non classée. Vendue en fleurs, résines et e-liquides sous le seuil de 0,3 % de THC.
THC
Delta-9-tétrahydrocannabinol, le psychoactif du cannabis. Stupéfiant ; toléré uniquement à l’état de traces (≤ 0,3 %) dans le chanvre autorisé.
HHC
THC hydrogéné, de semi-synthèse. Vendu comme « THC légal » en 2022-2023, stupéfiant depuis le 13 juin 2023, en annexe III depuis janvier 2026.
10-OH-HHC
HHC portant un hydroxyle en position 10. Semi-synthèse. Non inscrit nommément au 27/10/2026 ; famille visée par la clause générique de 2024.
La requête « cbd 10-oh-hhc » revient souvent, parce que ces produits se vendent dans les mêmes boutiques, parfois sous l’étiquette « fleur CBD 10-OH-HHC ». Le CBD n’est ici que la matière première du laboratoire : un produit « CBD 10-OH-HHC » est une fleur de chanvre ou une résine sur laquelle on a pulvérisé un cannabinoïde modifié chimiquement, rapproché du THC. La fleur sert de support, rien de plus.
Le scénario est toujours le même avec les cannabinoïdes de synthèse : une molécule est classée, une variante légèrement différente la remplace en rayon dans les semaines qui suivent, en jouant sur le fait que la liste des stupéfiants nomme des substances précises.
2022 – Le HHC débarque en France
Importé des États-Unis, vendu comme « THC légal » en fleurs, résines et vapes.
13 juin 2023 – HHC, HHC-O et HHC-P classés stupéfiants
Décision ANSM du 12 juin 2023 : structure proche du delta-9-THC, risque d’abus et de dépendance comparable au cannabis. Le H4-CBD et le THCP prennent le relais.
3 juin 2024 – La clause générique entre en vigueur
Décision du 22 mai 2024 : H2-CBD, H4-CBD et, par famille, tous les dérivés du noyau benzo[c]chromène, dont le THCP. Décision modificative du 3 juin : CBN exclu, ainsi que le THCA et le THCV à l’état de traces dans du chanvre ≤ 0,3 %.
Fin 2024 – Le 10-OH-HHC arrive en boutique
Présenté comme un « métabolite » du HHC non listé. Même circuit, mêmes formats.
6 juin 2025 – Le Conseil d’État valide le classement par famille
Rejet du recours de l’Union des professionnels du CBD (n° 494779) : l’ANSM peut classer une structure chimique et pas seulement des noms.
16 janvier 2026 – Le HHC passe en annexe III
L’ANSM déplace le HHC de l’annexe IV vers l’annexe III de l’arrêté du 22 février 1990. Il reste un stupéfiant.
Nos anciens articles, écrits avant ces classements, racontent cette période de l’intérieur : le comparatif H4CBD, CBD et HHC : les différences, le HHCP présenté alors comme le « HHC version 2.0 » et le THCP ou Delta-P. Ces trois molécules sont aujourd’hui des stupéfiants ; ces pages restent en ligne comme archives, pas comme une offre.
Nous avons relu le 27 octobre 2026 la liste consolidée des stupéfiants publiée par l’ANSM (mise à jour du 26 juin 2026) et les décisions du 12 juin 2023, 22 mai 2024, 3 juin 2024, 16 janvier 2026 et 6 février 2026. Aucune ne contient les mots « 10-OH-HHC » ni « 10-hydroxy-hexahydrocannabinol ». HHC, HHC-O, HHC-P, H4-CBD et H2-CBD y figurent nommément ; le 10-OH-HHC, non. C’est ce qui permet aux vendeurs d’écrire « non interdit » sur leurs fiches.
Sauf que depuis le 3 juin 2024, la liste ne raisonne plus seulement par nom. La décision du 22 mai 2024 classe « toute substance dérivée du noyau benzo[c]chromène », que ce noyau soit « non ou partiellement ou totalement hydrogéné sur le cycle A », substitué ou non en position 1 (hydroxyle ou alkoxy), 2 ou 4 (carboxyle), 3 (chaîne alkyle), 6 (groupes alkyle) et 9 (cétone, alkyle, hydroxyalkyle, alkoxy). Le HHC est précisément un benzo[c]chromène totalement hydrogéné sur le cycle A ; le 10-OH-HHC est ce même squelette avec un hydroxyle en position 10, position que la clause n’énumère pas.
⚖️ Les textes qui comptent
La décision ANSM du 22 mai 2024 (en vigueur le 3 juin 2024) classe par famille les dérivés du noyau benzo[c]chromène, hydrogénés ou non. Le Conseil d’État, le 6 juin 2025 (n° 494779), a validé ce classement par structure. L’article L235-1 du Code de la route, version issue de la loi 2026-798 du 18 août 2026, sanctionne la conduite après usage de toute substance classée : si le 10-OH-HHC est requalifié, ou si le produit contient du HHC ou du THC résiduel, ce régime s’applique.
Cet hydroxyle en position 10 suffit-il à sortir la molécule de la famille classée ? Aucune décision de justice publiée ne tranche ce point à notre connaissance. Les vendeurs estiment que la position 10 n’étant pas visée, la molécule échappe à la clause ; les juristes prudents rappellent que la clause vise « toute substance dérivée » du noyau, que le Conseil d’État a validé le classement par famille, et que l’ANSM corrige sa rédaction dès qu’une faille est exploitée. Acheter ou vendre du 10-OH-HHC, c’est parier sur la première lecture.
« Non inscrit nommément » n’est pas un statut juridique : rien n’autorise le 10-OH-HHC, aucune autorité sanitaire ne l’a évalué, et un parquet peut poursuivre une vente sur d’autres fondements (produit dangereux, tromperie, dérivé d’une substance classée). L’ANSM peut classer une molécule par simple décision, applicable dès le lendemain. Notre guide CBD légal en France : la loi en 2026 reprend le cadre applicable aux produits de chanvre.
| Molécule | Origine | Statut en France au 27/10/2026 |
|---|---|---|
| CBD (cannabidiol) | Naturelle, extraite du chanvre | Autorisé (fleurs, résines, e-liquides ≤ 0,3 % THC) |
| THC | Naturelle | Stupéfiant (traces ≤ 0,3 % tolérées dans le chanvre) |
| HHC | Semi-synthèse (THC ou CBD hydrogéné) | Stupéfiant depuis le 13/06/2023 (annexe III depuis le 16/01/2026) |
| HHC-O, HHC-P | Semi-synthèse | Stupéfiants depuis le 13/06/2023 |
| H4-CBD, H2-CBD, THCP | Semi-synthèse | Stupéfiants depuis le 03/06/2024 |
| THCA | Naturelle (précurseur du THC) | Classé, sauf à l’état de traces dans du chanvre ≤ 0,3 % THC total |
| 10-OH-HHC | Semi-synthèse (HHC hydroxylé) | Non inscrit nommément ; famille visée par la clause générique de 2024 |
Sources : liste consolidée ANSM du 26 juin 2026 et décisions ANSM citées en fin d’article.
Le test salivaire des forces de l’ordre est un test immunologique : des anticorps réagissent au THC et, dans une certaine mesure, aux molécules qui lui ressemblent. Le 10-OH-HHC partage avec le THC le même squelette tricyclique, la même chaîne pentyle et le même hydroxyle en position 1. Une réactivité croisée est donc plausible, mais aucune donnée publiée ne mesure la réponse des tests routiers au 10-OH-HHC. Quiconque t’affirme qu’il « passe » ou « ne passe pas » n’a aucune étude pour l’appuyer.
Deux points aggravent l’incertitude. D’abord, les produits de semi-synthèse contiennent souvent des résidus (HHC non converti, isomères, traces de THC) qui suffisent à déclencher un test, quelle que soit la réponse du 10-OH-HHC lui-même. Ensuite, la confirmation d’un dépistage positif se fait en laboratoire par chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, capable d’identifier le HHC et ses dérivés hydroxylés. Notre dossier sur le test salivaire et le THC détaille le fonctionnement, les délais de détection et la procédure.
Côté sanctions, l’article L235-1 du Code de la route, modifié par la loi du 18 août 2026, punit la conduite après usage de stupéfiants de 3 ans d’emprisonnement et 9 000 € d’amende, 6 points retirés et suspension du permis jusqu’à 5 ans ; 5 ans et 15 000 € avec alcool. Refuser le test coûte le même tarif (L235-3). Si le 10-OH-HHC était requalifié, ou si le produit contenait du HHC ou du THC détecté en confirmation, ce régime s’appliquerait.
Nous ne décrirons pas d’« effet » du 10-OH-HHC : il n’existe pas d’étude clinique publiée sur cette molécule chez l’humain, ni d’étude de toxicité. Ce que les fiches produit présentent comme des effets sont des témoignages ou des extrapolations à partir du HHC. Le danger, au sens strict, c’est cette absence de données : personne ne peut dire à quelle dose la molécule agit, ni ce que produisent les impuretés qui l’accompagnent.
Les produits au 10-OH-HHC circulent dans des boutiques qui vendaient déjà du HHC, sur des sites qui jouent la carte « non listé » et via les réseaux sociaux. Voici comment les repérer et comment réagir, dans l’ordre.
Lis l’étiquette en entier
Les mentions « 10-OH-HHC », « 10-OH », « HHC hydroxylé », « métabolite du HHC » ou un pourcentage d’un cannabinoïde qui n’est ni du CBD ni du CBG signalent un produit de semi-synthèse. Une vraie fleur de CBD affiche un taux de CBD et un taux de THC.
Demande le certificat d’analyse
Pour une fleur de CBD, le laboratoire mesure le THC total et le CBD. Pour le 10-OH-HHC, il n’existe pas de standard de référence courant : le « certificat » fourni ne prouve ni la teneur ni l’absence de résidus de HHC.
Vérifie le statut du jour sur ansm.sante.fr
La liste consolidée et les décisions récentes sont publiques. Si la molécule y apparaît nommément, détention et vente relèvent du régime des stupéfiants. Sinon, relis la clause générique avant de conclure.
Ne conduis pas après, quoi qu’on t’ait dit
Même si la molécule échappait au test immunologique, les résidus de HHC et de THC du produit peuvent être détectés, et la confirmation en laboratoire identifie les dérivés hydroxylés.
⚠️ Les quatre arguments de vente à ne pas croire
« Métabolite naturel donc sans danger », « non listé donc légal », « testé en laboratoire » sans certificat consultable, « ne passe pas au test salivaire » : aucune de ces affirmations ne repose sur un texte ou une étude.
Le débat se résume à deux lectures de la même clause. Les voici côte à côte.
Ce qu’avancent les vendeurs
✓La molécule n’est citée nommément dans aucune décision de l’ANSM au 27 octobre 2026
✓La clause de 2024 énumère des positions substituables (1, 2, 3, 4, 6, 9) et la position 10 n’y figure pas
✓Aucune condamnation publiée ne vise spécifiquement la vente de 10-OH-HHC
Ce que répondent les textes
✗« Non inscrit » n’est pas « autorisé » : aucune agence n’a évalué ni validé la molécule
✗La clause vise « toute substance dérivée du noyau benzo[c]chromène », et le Conseil d’État a validé le classement par structure le 6 juin 2025
✗Un classement nominatif peut être publié à tout moment et s’applique dès le lendemain, stock compris
Notre ligne n’a pas bougé depuis le HHC : aucun cannabinoïde de synthèse ou de semi-synthèse, classé ou « pas encore ». Vendre une molécule dont le statut repose sur une faille de rédaction, c’est exposer nos clients et la boutique à un classement du jour au lendemain. Nous faisons analyser chaque lot de fleurs et de résines pour le taux de THC, et aucun laboratoire ne peut garantir la pureté d’un 10-OH-HHC. Enfin, le CBD est une molécule du chanvre, le 10-OH-HHC un produit de chimie.
Des produits dont la composition se vérifie. Côté fleurs de CBD, des variétés indoor et greenhouse avec le taux de CBD affiché sur chaque fiche. Côté résines et hash CBD, des extractions à fort taux comme l’Ice O Lator (hash CBD 41 %) ou le Moonrock CBD 70 %, et des résines au CBN comme la Bubbleazor CBN 50 %, le CBN étant le seul cannabinoïde expressément exclu de la clause de 2024. Nous décrivons arômes, origine et taux ; nous ne promettons aucun effet.
Si l’ANSM inscrit le 10-OH-HHC nommément, ou si une décision de justice tranche la question de la position 10, nous mettrons cet article à jour. En attendant, la réponse honnête à « est-ce légal ? » tient en trois morceaux : non inscrit nommément à ce jour, non autorisé pour autant, pas vendu chez Golden.
Les termes nécessaires pour lire une fiche produit ou une décision de l’ANSM sans se faire embrouiller.
Hydrogénation
Réaction qui ajoute des atomes d’hydrogène sur une double liaison. C’est ainsi qu’on transforme le THC (ou le CBD) en HHC.
Hydroxyle (-OH)
Groupe formé d’un atome d’oxygène et d’un atome d’hydrogène. Le « 10-OH » désigne un hydroxyle fixé sur le carbone numéro 10 du squelette.
Semi-synthèse
Fabrication d’une molécule en laboratoire à partir d’une molécule naturelle (ici le CBD du chanvre). Le produit final n’existe pas dans la plante.
Métabolite
Molécule produite par l’organisme lorsqu’il transforme une substance absorbée. Un métabolite d’un stupéfiant n’est ni sûr ni autorisé par nature.
Benzo[c]chromène
Noyau tricyclique commun au THC, au HHC et à leurs dérivés. La clause générique du 3 juin 2024 classe par famille les substances construites sur ce noyau.
Réactivité croisée
Capacité d’un test immunologique à réagir à une molécule voisine de sa cible. C’est par ce mécanisme qu’un test salivaire au THC pourrait réagir au HHC ou à ses dérivés.
ANSM, liste consolidée des substances classées comme stupéfiants (mise à jour du 26 juin 2026) — HHC en annexe III, HHC-O, HHC-P, H4-CBD en annexe IV, clause générique benzo[c]chromène ; aucune mention du 10-OH-HHC, relu le 27/10/2026
ANSM, décision du 22 mai 2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants — H2-CBD, H4-CBD et clause générique sur les dérivés du noyau benzo[c]chromène, en vigueur le 3 juin 2024
ANSM, décision du 3 juin 2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants — décision modificative : exclusion du CBN et des traces de THCA, CBNA, THCV et THCVA dans le chanvre ≤ 0,3 % de THC total
ANSM, décision du 16 janvier 2026 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants — transfert du HHC de l’annexe IV vers l’annexe III de l’arrêté du 22 février 1990
ANSM, « L’ANSM classe l’hexahydrocannabinol (HHC) et deux de ses dérivés sur la liste des stupéfiants » (12 juin 2023) — HHC, HHC-O et HHC-P interdits à compter du 13 juin 2023
Conseil d’État, 6 juin 2025, n° 494779, Union des professionnels du CBD et autres — rejet du recours contre la décision du 22 mai 2024 ; validation du classement par famille
Code de la route, article L235-1 — conduite après usage de stupéfiants : 3 ans et 9 000 €, version issue de la loi 2026-798 du 18 août 2026
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