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Le CBG (cannabigérol) est un cannabinoïde du chanvre surnommé « cannabinoïde mère » : sous sa forme acide, le CBGA, il est la molécule de départ à partir de laquelle la plante synthétise le THCA, le CBDA et le CBCA. C’est pourquoi une fleur mûre en contient très peu, en général moins de 1 %. Non psychoactif, il n’est pas inscrit sur la liste française des stupéfiants et se vend en fleurs ou en pollen dès lors que le produit fini reste sous 0,3 % de THC. Voici d’où il vient, ce qu’en dit la recherche et comment reconnaître un bon produit.
En bref
Le CBG (cannabigérol) est le précurseur des autres cannabinoïdes : la plante le transforme en THC, CBD et CBC au fil de la floraison, ce qui le rend rare à maturité. Il ne provoque pas d’ivresse et n’est pas classé comme stupéfiant en France ; un pollen ou une fleur riche en CBG est légal si sa teneur en THC ne dépasse pas 0,3 %. La recherche sur ses propriétés reste au stade préclinique.
Sommaire
La biosynthèse : du CBGA au CBD et au THC, étape par étape
Pourquoi le CBG est rare, et comment on obtient des fleurs riches en CBG
CBG et CBD : quelles différences ?
CBG effets : ce que dit la recherche, sans promesse
Le CBG est-il légal en France ?
Pollen CBG, fleurs CBG : dans quels produits on le trouve
Le cannabigérol est l’un des 100 et quelques cannabinoïdes identifiés dans Cannabis sativa L. Isolé en 1964 par Yehiel Gaoni et Raphael Mechoulam, la même année que le THC, il est resté longtemps dans l’ombre : trop peu abondant pour intéresser les chimistes, pas psychoactif donc sans intérêt pour le marché récréatif. Son surnom de « cannabinoïde mère » vient de sa place dans la chaîne de fabrication des molécules de la plante.
Le CBG n’est ni une variété ni une plante, c’est une étape chimique. Chaque fleur de chanvre produit du CBGA ; c’est la génétique (quelles synthases sont actives, en quelle quantité) qui décide de ce qu’il devient. Une variété à THC dominante transforme l’essentiel de son CBGA en THCA, une fleur CBD le transforme en CBDA : dans les deux cas, il reste peu de CBG à l’arrivée.
Tout se joue dans les trichomes, les petites glandes translucides qui couvrent la fleur : c’est là que la plante assemble, transforme puis stocke ses cannabinoïdes. La chaîne compte cinq étapes et le CBG se situe à la deuxième, ce qui explique sa rareté dans une fleur mûre.
Deux briques de départ
La plante fabrique d’un côté le géranyl-pyrophosphate (famille des terpènes), de l’autre l’acide olivétolique, dans les cellules des trichomes.
Assemblage en CBGA
Une enzyme, la CBGA-synthase, soude les deux briques pour former l’acide cannabigérolique, le CBGA : la molécule « mère » dont descendent tous les cannabinoïdes majeurs.
Trois synthases se partagent le CBGA
La THCA-synthase convertit le CBGA en THCA, la CBDA-synthase en CBDA, la CBCA-synthase en CBCA. Quelle enzyme domine dépend de la génétique du plant : c’est ce qui distingue un cannabis à THC d’un chanvre à CBD.
Ce qui reste : le CBGA intact
Dans une plante ordinaire, les synthases consomment presque tout le CBGA au fil de la floraison : il en subsiste souvent moins de 1 % du poids sec à la récolte.
Décarboxylation
Sous l’effet de la chaleur, de la lumière ou du temps, les formes acides perdent une molécule de CO₂ : THCA devient THC, CBDA devient CBD, CBCA devient CBC et le CBGA restant devient CBG. Dans un vaporisateur, cette conversion se fait à la chauffe.
Dans une fleur fraîche, il n’y a presque pas de CBG « libre », seulement du CBGA. Les analyses sérieuses distinguent les deux et affichent parfois un « CBG total », calculé comme le THC total. Ces notions sont détaillées dans notre page sur le taux de THC autorisé en France.
Dans une fleur récoltée à maturité, le CBG représente le plus souvent moins de 1 % du poids sec, contre 10 à 20 % de CBD pour une bonne fleur CBD indoor ou greenhouse. La raison est mécanique : plus la floraison avance, plus les synthases ont eu le temps de convertir le CBGA. Pour obtenir du CBG en quantité, les producteurs jouent sur deux leviers.
Les fleurs CBG commercialisées aujourd’hui affichent couramment 5 à 15 % de cannabigérol, avec un THC sous le seuil légal. Elles se reconnaissent souvent à leur couleur plus claire et à un profil aromatique plus discret que les variétés sélectionnées pour le CBD. Les concentrés (pollen, hash) montent plus haut parce qu’ils rassemblent les trichomes, là où les cannabinoïdes se logent.
Les deux molécules partagent beaucoup : non psychoactives, issues du même CBGA, présentes dans les mêmes variétés de chanvre autorisées. Elles diffèrent par leur abondance (le CBD est majoritaire, le CBG une trace), par leur structure (le CBG garde une chaîne ouverte là où le CBD a formé un cycle) et par leurs cibles en laboratoire. Pour situer le CBD face au THC, notre article sur les différences entre CBD et THC détaille ce que « psychoactif » veut dire.
| CBG | CBD | CBN | THC | |
|---|---|---|---|---|
| Nom complet | Cannabigérol | Cannabidiol | Cannabinol | Delta-9-tétrahydrocannabinol |
| Origine dans la plante | Décarboxylation du CBGA (précurseur) | CBGA → CBDA → CBD | Dégradation du THC (oxydation, vieillissement) | CBGA → THCA → THC |
| Part dans une fleur mûre | Souvent < 1 % (5-15 % sur variétés sélectionnées) | 10-20 % sur fleur CBD | Traces, augmente avec l’âge du produit | < 0,3 % en chanvre légal ; 15-25 % en cannabis |
| Effet psychoactif | Non | Non | Faible | Oui |
| Statut en France | Non inscrit sur la liste des stupéfiants | Non inscrit, encadré par l’arrêté du 30/12/2021 | Non inscrit à ce jour | Stupéfiant ; toléré ≤ 0,3 % dans le produit fini |
| Produits courants | Fleurs CBG, pollen CBG | Fleurs, résines, e-liquides | Rarement isolé | Cannabis illégal |
Situation au 27 octobre 2026. Les fourchettes de taux sont des ordres de grandeur observés sur le marché, pas des valeurs garanties.
Il n’existe à ce jour aucun médicament à base de CBG autorisé, ni en Europe ni aux États-Unis, et les études chez l’humain se comptent sur les doigts d’une main. L’essentiel des données vient de travaux sur cellules ou sur animaux. Une revue publiée en 2021 dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics (Nachnani et coll.) fait le point : le CBG a une affinité faible pour les récepteurs CB1 et CB2, ce qui explique l’absence d’ivresse, et interagit en laboratoire avec d’autres cibles (récepteurs alpha-2 adrénergiques, 5-HT1A, canaux TRP). Les auteurs concluent que ces pistes justifient des essais cliniques, pas qu’elles sont démontrées.
Une seconde revue (Jastrząb et coll., 2022, International Journal of Molecular Sciences) adopte le même ton prudent : des résultats précliniques intéressants, une toxicité apparemment faible aux doses étudiées, mais un manque d’études contrôlées chez l’humain. Un site qui t’annonce des effets précis du CBG va plus loin que la science, et que ce que le règlement (UE) 1924/2006 autorise à dire : aucune allégation de santé n’existe pour le CBG.
1964 – Isolement du CBG
Yehiel Gaoni et Raphael Mechoulam isolent le cannabigérol à l’Institut Weizmann, la même année qu’ils décrivent la structure du THC.
1987 – Un chanvre à CBG en France
Gilbert Fournier et son équipe décrivent des plants de chanvre français qui accumulent le CBG au lieu du CBD : première observation du futur « chémotype IV ».
2005 – La génétique du CBG décodée
Etienne de Meijer décrit dans Euphytica la transmission du caractère « CBG prédominant » : la voie s’ouvre à des variétés stables riches en CBG.
2022 – Première enquête chez des consommateurs
Ethan Russo interroge 127 utilisateurs de préparations à dominante CBG : des données déclaratives, pas un essai contrôlé.
2026 – Toujours aucun essai clinique de phase 3
Au 27 octobre 2026, aucune autorité sanitaire n’a validé d’usage médical du CBG ; les études humaines restent préliminaires.
La seule enquête d’ampleur chez des consommateurs, publiée en 2022 par Ethan Russo et son équipe auprès de 127 utilisateurs de préparations à dominante CBG, ne signale aucun événement grave. Les effets indésirables cités (bouche sèche, somnolence, appétit accru, yeux secs) concernaient chacun moins d’un répondant sur cinq. L’étude a ses limites (déclaratif, échantillon réduit, produits non standardisés), mais ne fait apparaître aucun signal d’alerte propre au CBG. Les points de vigilance restent les interactions possibles avec des traitements et les traces de THC, qui peuvent ressortir à un test salivaire même avec un produit sous 0,3 %.
Oui, dans le même cadre que le CBD. Le cannabigérol ne figure pas sur la liste des substances classées comme stupéfiants (arrêté du 22 février 1990, mis à jour par l’ANSM), contrairement au THC et, depuis 2023-2024, aux cannabinoïdes de synthèse comme le HHC, le THCP ou le H4-CBD. Ce qui compte, c’est le produit fini : l’arrêté du 30 décembre 2021 autorise l’usage commercial de toutes les parties des variétés de chanvre inscrites au catalogue, à condition que la teneur en THC du produit ne dépasse pas 0,3 %. Une fleur ou un pollen CBG qui respecte ce seuil est donc vendable.
Depuis la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022, la vente de fleurs et de feuilles brutes est explicitement permise, y compris pour les variétés riches en CBG. Le cadre complet est détaillé dans notre guide complet du CBD en France, et les textes de l’année en cours dans notre point sur la loi CBD en France en 2026.
⚖️ Pas de CBG à avaler : la règle Novel Food s’applique aussi
Le catalogue européen des nouveaux aliments vise les « cannabinoïdes » dans leur ensemble, pas seulement le CBD. Huiles, gélules ou bonbons au CBG sont donc interdits à la vente en France depuis le 15 mai 2026, comme leurs équivalents au CBD, tant qu’aucune autorisation Novel Food (règlement (UE) 2015/2283) n’a été délivrée. Les fleurs et les concentrés à vaporiser ne sont pas des denrées alimentaires : ils ne sont pas concernés.
Le HHC, le THCP, le H4-CBD ou les analogues plus récents comme le THV-N10 sont des molécules de synthèse ou de semi-synthèse, classées stupéfiants par l’ANSM en juin 2023 et juin 2024 pour les premières, surveillées pour les suivantes. Le CBG, lui, est produit naturellement par la plante et extrait par des procédés mécaniques : il n’appartient pas à cette famille, et une boutique qui l’y range entretient une confusion inutile.
Le CBG se rencontre sous plusieurs formes, qui ne se valent pas en taux, en texture ni en usage. Toutes relèvent du même cadre légal : 0,3 % de THC au maximum dans le produit fini.
Fleurs CBG
Issues des variétés de chémotype IV, souvent plus claires et au parfum plus discret qu’une fleur CBD. Taux courant : 5 à 15 % de CBG. Se vaporisent comme n’importe quelle fleur.
Pollen et hash CBG
Trichomes séparés de fleurs riches en CBG par tamisage à sec ou à l’eau glacée, puis parfois pressés. Texture sableuse à souple, couleur blond clair. Taux plus élevé que la fleur d’origine.
Isolats et e-liquides
Cristaux de CBG pur (plus de 95 %) utilisés comme ingrédient, surtout pour des e-liquides. Rares en vente directe, sans arôme propre.
Huiles, gélules, infusions au CBG
Interdites à la vente en France depuis le 15 mai 2026 (règlement Novel Food), comme leurs équivalents au CBD. Nous n’en proposons pas.
Chez Golden CBD, le produit emblématique est le pollen CBG, un concentré de cannabigérol obtenu par tamisage, à la texture sableuse et à la couleur blond clair caractéristique des extractions riches en CBG. Il se vaporise seul ou mélangé à une fleur. Pour comparer, nos packs de fleurs CBD et CBG réunissent plusieurs variétés dans la même commande, et le reste de la gamme d’extractions se trouve parmi nos résines de CBD.
Le CBG est une niche, et les niches attirent les étiquettes approximatives. Quelques vérifications simples permettent de faire le tri avant de commander.
Lis le certificat d’analyse
Un vendeur sérieux fournit, sur demande ou sur la fiche, une analyse de laboratoire datée qui indique le CBG (ou CBGA et CBG total), le CBD et le THC total. Sans analyse, le taux annoncé n’est qu’une déclaration.
Compare CBG et CBD sur l’analyse
Une vraie fleur CBG a un CBG nettement supérieur à son CBD. Si l’analyse montre 12 % de CBD et 1 % de CBG, c’est une fleur CBD vendue sous une étiquette à la mode.
Vérifie le THC total
Le seuil légal est 0,3 % de THC dans le produit fini. Les variétés de chémotype IV sont en général très en dessous ; une valeur proche du plafond doit t’interroger sur l’origine de la génétique.
Méfie-toi des promesses
Aucun effet de santé ne peut légalement être associé au CBG. Une fiche qui en liste cinq te dit surtout que le vendeur ne connaît ni la science ni la réglementation.
Les fiches techniques et les analyses de laboratoire emploient un vocabulaire précis. Voici les termes que tu rencontreras le plus souvent autour du cannabigérol.
CBGA
Acide cannabigérolique : forme acide du CBG telle que la plante la fabrique. C’est le précurseur du THCA, du CBDA et du CBCA ; il devient CBG par décarboxylation.
Chémotype
Profil chimique d’un plant, défini par son cannabinoïde dominant : I = THC, II = THC et CBD, III = CBD, IV = CBG, V = quasi sans cannabinoïdes.
Synthase
Enzyme qui transforme le CBGA en un autre acide cannabinoïde : THCA-synthase, CBDA-synthase ou CBCA-synthase.
Décarboxylation
Perte d’une molécule de CO₂ sous l’effet de la chaleur ou du temps, qui fait passer un cannabinoïde de sa forme acide (CBGA) à sa forme neutre (CBG).
CBG total
Valeur calculée qui additionne le CBG déjà formé et le CBG que donnerait le CBGA après décarboxylation (CBG + 0,878 × CBGA).
Santhica
Variétés de chanvre françaises (Santhica 27, 70) du catalogue européen, de chémotype IV : CBG dominant, THC quasi nul.
Le CBG n’est ni une molécule miracle ni une mode sans fondement : c’est un cannabinoïde discret, longtemps ignoré parce que la plante le convertit avant qu’on puisse le récolter. La sélection génétique permet aujourd’hui de le découvrir en fleurs ou en pollen, avec les mêmes garanties d’analyse qu’une fleur de CBD classique, dans le même cadre légal : 0,3 % de THC, et rien à avaler.
Nachnani R., Raup-Konsavage W.M., Vrana K.E., « The Pharmacological Case for Cannabigerol », J Pharmacol Exp Ther, 2021 — revue des cibles pharmacologiques du CBG et des données précliniques
Jastrząb A. et coll., « The Origin and Biomedical Relevance of Cannabigerol », Int J Mol Sci, 2022 — biosynthèse du CBG dans la plante et état des études
Russo E.B. et coll., « Survey of Patients Employing Cannabigerol-Predominant Cannabis Preparations », Cannabis Cannabinoid Res, 2022 — enquête auprès de 127 utilisateurs : effets indésirables déclarés
de Meijer E.P.M., Hammond K.M., « The inheritance of chemical phenotype in Cannabis sativa L. (II) : cannabigerol predominant plants », Euphytica, 2005 — description génétique du chémotype IV (CBG dominant)
Arrêté du 30 décembre 2021 portant application de l’article R. 5132-86 du Code de la santé publique — seuil de 0,3 % de THC et variétés de chanvre autorisées
Catalogue des nouveaux aliments de la Commission européenne — entrée « Cannabinoids » : les produits au CBG à ingérer relèvent du règlement Novel Food
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